hypomnémata

Projet expérimentale d’un blog qui assemble des extraits des livres et des articles des différents auteurs. Sans ligne directrice, les extraits ne forment pas un contenu cohérent qui exprimeraient dans leur ensemble une idée. Il s’agit des bouts des écrits qui auraient pu un moment marquer ma mémoire et qui reviennent indirectement dans mes propres écrits et argumentations.

hypomnemata

Where are you from ?

It was a very sunny day. We were three in the car, carsharing to go back home after a music festival. I was listening a boring conversation between the passenger and the conductor about shopping. Few kilometers later, the passenger left us, and unfortunately I found myself in a tête-à-tête with this woman driving and talking about how she spend her money. Of course I had nothing to say to complete her conversation.

I tried to talk about the weather and the festival. She asked me : — “where are you from ?” insisting on my native country. “You’re not from here, are you ?” I felt like this travel slowly transformed in a kind of police interrogation. “I hear you have an accent !” My identity was so important to her, she couldn’t stop interrupting me to know my origins.
— “My father is a half immigrant, from Eastern Europe, but now he have nothing to do with that community. And you ? And are you here with your family ? What are you doing here ?” Instead of answering with sacrasm, I just started to talk about my studies. “Art ? Do you think you will get a real job with art ?” she went on digging my personal story, “are you expecting to stay here ?”, “why you don’t do art in your country ?”, “why did you come in our country ?”, “don’t you want to go back to your country ?”

The end of the travel was like a release. The annoying woman was behind and it was time to drink a beer to switch. In the bar I met some friends and they introduced me to someone. Beer was fresh and I had a lot of stories about the festival. Suddenly I was unterrupted by the new friend: — “You’re not from here ? You have an accent !”

those pictures cannot substitute…

I really meditate about images and specially images on struggles and political topic. I love illustrations on Earth First! and radical ecology. It’s so punchy and romantic. But those pictures cannot substitute a struggle. Like no picture will substitute the forest or the dying earth.

Have a look on Susan Simensky Bietila, Emma Roulette or Sarah Quinter’s work. It’s amaizing.

la ligne

La ligne n’existe pas était un projet d’édition des dessin réalisé pour le bilan du quatrième semestre à l’ESAL.
Le projet prend forme de outils de communication d’une agence immobilière. Un site internet statique avec des images qu’on retrouve dans une chemise qui constitue un dossier. Il s’agit des dessins vectoriels qui font penser à des architectures contemporaines, futuristes et imaginaires. Leur aspect suscite une forme de curiosité et à la fois un sentiment d’envahissement et d’oppression. Ce sont des idées que j’emprunte chez Julia Scher et Mona Hatoum qui travaillent sur la répulsion et attirance, surveillance et contrôle. C’est une traduction de la perception et des impressions personnelles lors des passages dans les quartier d’affaire des grandes villes. Là où les bâtiments commerciaux sont étouffants par leur architecture disproportionnée. Ce sont des partie de ville désertes, malgré la volonté d’y introduire un peu de vie sociale. Il y a quelque chose de déshumanisant. Il y a quelque chose de déshumanisant et aussi d’immatériel. L’échange monétaire est dématérialisé, ce ne sont plus que des chiffres et des formules.

voir

Revue sur le graphisme politique

Les interviews avec graphistes politiques, les mémorial aux partisans en Yugoslavie, les architectures alternatives, l’art de la rue et des dossiers sur les artistes engagées, tout se tient dans la petite revue Signal édité par Alec Dunn et Josh Mac Phee.

Signal, à ne pas confondre avec le journal de propagande nazie publié à 2 500 000 exemplaires en 25 langues durant la deuxième guerre mondiale.

http://s1gnal.org/

Pedalboard

« Une photo de chaque membre, puis le portrait des musicien-ne-s ensemble », c’était un peu ma formule pour prendre des images pendant les concerts, jusqu’au jour  où les objectifs des appareils photos n’étaient plus les bienvenues.Cette décision pour préserver l’anonymat des lieux et des gens qui les fréquentent impose des contraintes plutôt intéressantes, ce qui me motive à prendre des images des gestes, des instruments, capter la lumière. Au concert le 8 avril à la Peniche il n’avait pas ces contraintes, pourtant j’ai gardé les habitudes en attirant l’attention sur les pedalboards de trois groupes qui ont joué : Syberia, Madrigal et Lachez les Chiens.

Dans les années 80 les groupes rock psyché accumulaient les pédales d’effet, on aura dit que les zikos passaient leur temps à regarder leurs chaussures, d’où le terme un peu moqueur « Shoegaze ».  Avec une trentaine des pédales Syberia ne doivent pas s’ennuyer. Il serait curieux d’écouter les enregistrements des essais, pour voir l’influence de chaque appareil sur le son et sa diffusion dans l’espace. Ce sont des dimensions sonores qu’on ne peut pas traduire par l’image et je n’arrive pas encore à me décider à enregistrer les extraits des concerts. Ça peut donner des images sonores ou un échantillonnage des événements marquants et éphémères. Un peu comme une collection des papillons.

Carnaval d’Ivry

Quelques images-souvenirs du Carnaval Sauvage d’Ivry-sur-Seine le 25 mars 2017. test

Quelques images-souvenirs du Carnaval Sauvage d’Ivry-sur-Seine le 25 mars 2017.

Les chantiers n’arrêtent pas. Les rénovations effacent derrière eux les histoires, les souvenirs et les endroits de vie et de rencontres. Carnaval sauvage festif et populaire sont des manifestations joyeuses des habitants dans les rues des quartiers. Les déambulations pour répondre à la gentrification. Les projets ambitieux des mairies riment souvent avec la hausse des prix des loyers. Petit à petit les anciens habitants partent vers les quartiers plus éloignées, laissant la place aux voisins « plus salubres ». La gentrification touche le grandes villes, mais aussi les plus petites comme Nancy.

Les lieux ferment

Dans chaque ville les organisateurs des concerts DIY se débrouillent pour trouver des salle ou squatter des endroits pour faire vivre la scène. Des concerts en 2013 se faisaient au Caveau du Grand Sauvoy, un local à Maxeville fermé en 2014 pour travaux et pas prêt à ouvrir.

Chaque concert est unique, ce n’est pas un disque qu’on peut réécouter à un moment. Ce sont des moments qu’on partage avec des personnes présentes, parfois même à dix dans le public.

 

Les échos des insurrections dans l’art contemporain

[…]Voici cinq artistes engagées et renommées internationalement, dont les travaux nous apportent avec l’humour ou la colère un regard nouveau sur les mouvements extra-occidentales ou marginalisés et qui s’inscrivent dans l’art féministe contemporain. Shadi Ghadirian, Carrie Mae Weems, Mona Hatoum, Shilpa Gupta et Xiao Lu.

Shadi Ghadirian – “Qajar”

Shadi Ghadirian est une photographe née à Téhéran en 1974, la veille de la révolution iranienne. Diplômée en 1998 de l’Université Azad elle pratique la photographie et l’enseigne dans plusieurs institutions. Son travail est plein de références historiques et contemporaines de la société et de l’art iranien.

Qajar est la première série photographique réalisée par Shadi Ghadirian en 1998. Vight cinq clichés en sépia représentant des femmes en vêtements vintage et en possession des objets modernes et interdits comme cannette de “Pepsi”, le vélo, les instruments de musique et les miroirs. Elles regardent droit dans objectif, s’affirment et témoignent leurs loisirs et le quotidien.

La photographe a travaillé avec ces archives au Musée de Photographie de Téhéran, aussi connu sous le nom Akskhaneh Shahr, et s’est inspiré des photos faites il y a 150ans de l’époque du règne Shah Nasseredin qui a introduit la photographie en Iran. Aujourd’hui sa collection des photographies des femmes de son harem, jadis réservée strictement au cerclé privé, constitue un patrimoine culturel et historique important du pays.

En XIX siècle, Nasseredin était favorable à la culture occidentale et voyageait beaucoup en Europe et à son retour a voulu que ses femmes portent des tutus de ballet, mais par dessus des pantalons ce qui donne un mélange de style étrange.1 Sur la photo Qajar#9, l’introduction des lunettes de soleil crée un anachronisme et un aperçu trans-historique.

Qajar reflète des conflits entre la tradition et la modernité, le passe et le présent. En 1978 le peuple iranien s’insurge contre le shah et la pression politique et économique mondiale, notamment celle de la Grande‑Bretagne et l’URSS.2 Ces événements bouleversent le pays et les nouveaux pouvoirs politiques et religieux réintroduisent la shari’a dans loi. L’interprétation patriarcale des textes sacrées a favorisé de la mise en place des diverses interdictions et obligations en défaveur des femmes, en invisibilisant sur le passage leur engagement dans la révolution. La question des droits des femmes est soulevée dans les vagues de dissidences intellectuelles de 1990 et l’expression “féminisme islamique” est popularisée par la rédaction du journal féminin Zanan, crée en 1992 par Shahla Sherkat. Féminisme islamique est un concept qui défini les luttes des femmes au sein de l’islam et propose une relecture des textes religieux plutôt que le rejet de la religion, la reforme de la jurisprudence et la décolonisation.3

Carrie Mae Weems

Née en 1953 à Portland est une artiste afro-américaine qui explore des divers médiums comme vidéos, installations, son et photographie. Dans son travail artistique et les recherches elle questionne sur la triple oppression dans la société américaine et la culture afro-américaine. Après ses études à l’Université de Californie à San Diego, elle s’inscrit à Université de Californie à Berkeley à un cursus sur le folklore et poursuit avec des nombreuses expositions et résidences.

Woman with a Chicken et Black Man Holding Watermelon dénoncent les stéréotypes à l’origine véhiculés dans le film de propagande Ku-Ku-Klan The Birth of a nation4 réalisé en 1915 par D.W. Griffith, où les Black sont associé avec la pastèque ou le poulet mangé à la main, et qui sont repris dans les publicités des années 30. Les photos-textes font partie de le série Ain’t Jokin de six photos-textes noir et blanc réalisée entre 1987 et 1988. La photo “Mirror, Mirror” accompagnée d’un dialogue “LOOKING INTO THE MIRROR, THE BLACK WOMAN ASKED, “MIRROR, MIRROR ON THE WALL, WHO’S THE FINEST OF THEM ALL?” THE MIRROR SAYS, “SNOW WHITE, YOU BLACK BITCH, AND DON’T YOU FORGET IT!!!”. Ce cliché fait écho à la série photo Negra Menta de Lilian Angulo Cortés5 ou la double projection Corridors réalisée par Lorna Simpson. Les artistes questionnent sur la représentation de corps féminin dans la culture dominante blanche.

Ses photographies s’inscrivent dans la tradition narrative de la photographie de Harlem, un quartier new-yorkais afro-américain où dès les années 20 s’est développé l’art noir, malgré la précarité et la discrimination. James Van Der Wee a crée des premières séries photos des habitants pour rendre visible le corps noir invisibilisé et prendre conscience de l’appartenance à l’identité Black. Les mouvements sociaux des années 70, ainsi que son engagement politique dans les luttes ouvrières et marxistes
ont fortement influencé son art et ses recherches.

Shilpa Gupta

Née en 1976 à Bombay, ou Mumbai, en Inde. De 1992 à 1997 elle a étudié la sculpture à Sir J. J. School of Fine Arts et travaille avec des médiums divers comme vidéo, électronique, photo. Dans son travail elle aborde les thèmes des conflits de guerre, les identités, les frontières et de la mondialisation de la culture.6

L’installation Untitled est réalisé en 2006, comprends une projection au sol accompagnée d’un son. Une femme jette des cailloux et saute d’une case à l’autre dessinées à la main au sol. Elle joue contre son gré à un jeux qui fait penser à la marelle, dont les règles ont été déterminées par les personnes supérieures. Cette vidéo est accompagnée d’un son des cailloux jetés, des pas et et une voix de femme. Son texte fait allusion à des pensées des demi-veuves. Lors d’un séjour dans le village Srinagar à Cachemire, une région en conflit depuis plus de 60 ans, artiste rencontre des femmes qui attendent leur mari disparus. On les appelle les demi-veuves.7

Suite à des élections frauduleuses en 1987 les soulèvements à Cachemire se multiplient. En 1989, l’État indien lance un programme contre-insurrectionnelle, tandis que Pakistan instrumentalise la religion pour récupérer les luttes et invisibiliser les indépendantistes de la région. La doctrine contre‑insurrectionnelle est développée par la France pour prévenir les guerres de décolonisation vietnamiennes et algériennes.8 La majorité de la population de Cachemire ne reconnaissent pas l’État indien et ses répressions sont considérés par les habitants comme les actes coloniales.9

Les femmes cachemires jouent un rôle important dans la subversion politique. Elles transgressant “les rôles de genre traditionnelles d’Asie du Sud” et luttent contre les violences physiques et psychiques, les abus sexuelles et constituent les associations de femmes pour dénoncer la jurisprudence qui n’autorise pas les femmes de se remarier, les laissant dans une situation de précarité et solitude.10

Xiao Lu – Dialogue – installation performance

Xiao Lu est née en 1962 à Hangzhou en Chine. En 1988 elle obtient le diplôme à l’Académie des Beaux-Arts de Zhejiang, ou Chinese Academy of Fine Art de nos jours, et est employée à l’Institut de Peinture et Sculpture à Shanghai. Son installation Dialogue présentée lors de l’exposition China Avant-Garde bouleverse sa vie et elle s’exile à Sydney en 1989.11

Deux cabines téléphoniques en aluminium une à côté de l’autre, chacune couverte de photo grandeur nature de deux jeunes étudiants plein d’énergie et en plein conversation. Au milieu un téléphone rouge décroché est posé sur un présentoir en face d’un miroirs avec des bandes rouges en croix. Les pavées disposées autour de suggèrent un espace publique. Dialogue est réalisé en 1985 et aborde un triple dialogue entre la jeune femme et le jeune homme, entre le privée et le publique, entre la tradition et la modernité. Xiao Lu parle des difficultés et les frustrations personnelle qu’elle rencontrait et les problèmes des adolescents en Chine. Elle évoque aussi un sort de voyeurisme dans l’espace public en nous faisant part de cette conversation secrète et le téléphone rouge décroché insinue la conversation coupée et qui était peut-être sur l’écoute.12 L’influence des publications des auteurs occidentaux ont crée des nouvelles mélanges des philosophies sur existentialisme, modernisme et bouddhisme.

Au début des 80, la Chine est confronté des reformes économiques et “la politique de l’enfant unique”. Les nouvelles mobilisations se mettent en place contre “l’impérialisme économique” et pour la liberté et la démocratie.13 Le coup de feu sur le téléphone est associé au massacre de la place Tian’anmen en 1989 à Pékin et l’exposition entière était censurée sous menaces. Ces événements ont impacté sur la vie de l’artiste qui par la suite s’engage dans une critique du gouvernements autoritaire et machiste et dénonce le caractère androcentré de la grille de lecture de l’art qui ne comprends pas l’expression féminine.

Mona Hatoum, Keffieh, 1993-1999

Née à Beyrouth en 1952, dans une famille palestinienne exilé au Liban. Entame des ses études à l’université de Beyrouth, et poursuit à l’université de Londres. en 1975. En 1982 elle obtient son diplôme de The Slade School of Art. Depuis elle a réalise plusieurs performances, vidéos, sculpture et installation.

Mona Hatoum se distingue par son utilisation des formes et les médiums étrange et des messages fortement politisés dans ses travaux, qui créent des réactions et des dialogues avec les spectateurs. Keffier un symbole fort de la résistance palestinienne porté majoritairement par les hommes en Moyen-Orient.14 En tissant les cheveux des femmes dans le foulard Mona Hatoum détourne le sens de cet objet familier et lui donne plusieurs sens humoristiques et politique. Les mèches de cheveux d’une femme qui dépassent suggerent “la vitalité féminine, la sexualité débordante et l’abolition des barrières de restriction”.15 Le motif au milieu forme une grille rappelant le contrôle, sécurité et l’enferment.

Elle dénonce le machisme autour des luttes et rappelle la présence des femmes dans les intifadas. Beaucoup de femmes, notamment Leila Khaled et Khaleda Jarra militantes féministes palestiniennes, ont vivement participé à des manifestations populaires et sont considérées comme des terroristes par l’État israélien. Mona Hatoum combine les codes de l’art moderne, ses expériences douloureuses d’exilé
et un regard cosmopolite dans son travail artistique politique et critique.16

Conclusion

Les traces des féminismes en Inde, Chine, Iran, Pakistan remontent au début de XX siècle et son invisibilisés de l’histoire, de la même manière que les luttes féministes Blacks. Les œuvres des artistes si présent ont donné une ouverture sur les luttes des femmes actuelles et les rôles des femmes dans les soulèvements contre les pouvoirs en place dans différents coins du monde.

L’art féministe n’est pas un mouvement artistique, mais une démarche révolutionnaire dans une constante évolution due aux changements permanents et se développe “comme une plante dans son propre sol”.17

Bibliographie:
Elsa Dorlin, Black feminism : Anthologie du féminisme africain-américain, 1975-
2000, Éditions L’Harmattan, 2008
Zabunyan, Elvan. Black Is A Color : une histoire de l’art africain-américain contemporain,
Paris : Dis voir, 2004


Notes :
1 Entretien Anahita Ghabaian Etehadieh | Shadi Ghadirian, “Shadi Ghadirian. Rétrospective, Somogy éditions d’art, 2015 https://www.bm-lyon.fr/expositions-en-ligne/shadi-ghadirian/article/edition
2 Michel Foucault, Le chef mythique de la révolte de l’Iran, Dits Ecrits Tome III texte n°253 http://1libertaire.free.fr/MFoucault149.html
3 Ziba Mir-Hosseini, Le projet inachevé: la quête d’égalité des femmes musulmanes en Iran, extrait de Zahra Ali “Féminismes islamiques”, La fabrique Éditions, sept 2015
4 https://www.youtube.com/watch?v=AzJLFQwpQTI&feature=youtu.be&t=1h54m56s
5 Sofio Séverine, Yavuz Perin Emel, Molinier Pascale, « Les arts au prisme du genre : la valeur en question. Introduction», Cahiers du Genre 2/2007 (n° 43) , p. 5-16 URL : www.cairn.info/revue-cahiers-du-genre-2007-2-page-5.htm. DOI : 10.3917/cdge.043.0005.
6 http://shilpagupta.com/about/bibio/2016/ie.htm
7 Launay Fabrice, GUPTA (SHILPA) : “HALF WIDOWS”, Centre Pompidou 2011, Musée national d’art moderne / Centre de création industrielle, Service audiovisuel du Centre Pompidou
https://www.centrepompidou.fr/cpv/resource/cBKKg4k/rxAjX45#undefined
8 Gendarmerie et contre-insurrection, 1791-1962 https://rha.revues.org/7499#tocto1n1
9 Grare Frédéric, « Entre démocratie et répression : dix-huit ans de contre-insurrection au Cachemire indien.», Critique internationale 4/2008 (n° 41) , p. 81-96 www.cairn.info/revue-critique-internationale-2008-4-page-81.htm. DOI : 10.3917/crii.041.0081.
10 Half Widow, Half Wife: Responding to Gendered Violence in Kashmir, Association of Parents of Disappeared Persons, 2011 http://landwise.resourceequity.org/record/2058
11 http://www.xiaoluart.com/xiaolu416/Style_Thirty_Two/en_text_658961.shtml
12 “China Guardian Press” published on November 2006, Translated from the Chinese by Philip Tinari.
http://www.xiaoluart.com/xiaolu416/Style_Thirty_Tw/en_article_658959_wtid_1328_id_4063.shtml
13 Tian’Anmen 1989 [article], Marie-Claire Bergèresem-link, Vingtième Siècle, revue d’histoire Année 1990 Volume 27 Numéro 1 pp. 3-14 http://www.persee.fr/doc/xxs_0294-1759_1990_num_27_1_2257
14 https://books.google.fr/books?id=9v9cj7uGZucC&lpg=PA34&ots=MM-jpi80Sldq=mona%20hatoum%20keffieh%20machisme&hl=fr&pg=PA34#v=onepageq=mona%20hatoum%20keffieh%20machisme&f=false
15 http://www.artnews.com/2015/08/21/making-the-ordinary-anything-but-mona-hatoum-on-her-unnerving-sculptures-in-2005/
16 Rehnuma Sazzad, Hatoum, Said and Foucault: Resistance through Revealing the Power-Knowledge
Nexus?, Nottingham Trent University, Postcolonial Text, Vol 4, No 3 (2008) postcolonial.org/index.php/pct/article/viewFile/891/791
17 Margot Badran, Féminisme Islamique: Qu’est-ce à dire ?, Zahra Ali, “Féminismes Islamiques”, page 41.

« Délinquance alimentaire »

Après « Sur les Toits » Nicolas Drolc présente sont nouveau film expérimentale « La mort se mérite » sur Serge Livrozet. Le 10 mars nous avons rempli les salle de l’ancienne école de la MJC 3 maisons pour le voir. Que dire sur un « film expérimentale » ? Un long-long métrage avec des images bizarres, les longues minutes de silence entre les phrases et une musique qui donne l’impression qu’on a 40 de fièvre. « Le film est très long, n’hésitez pas de partir » – nous encourage Nico avant de lancer le film. Le documentaire démarre et le portrait nous absorbe: la vie quotidienne d’aujourd’hui, les révoltes de hier, les pensées. Un moment certaines personnes du public s’exclament de joie et montrent qu’ils sont d’accord, comme si on était en réunion publique. Et ça fait plaisir. Il y a quelque chose de vivant dans le film qui rend le documentaire puissant et beau.

Un moment Serge Livrozet ouvre le journal du Comité d’Action des Prisonniers. Il raconte comment ils ont fondé l’association avec Foucault et deux autres prisonniers Claude Vaudez et Michel Boraley en plein révoltes dans les prisons. Les textes sont écrits en tout petit caractères sans serif et illustrés des images exclusivement en lien avec le milieu carcérale. Évidement que la mise en forme est moins importante que le contenu revendicatif et chargé de critique sociale, je dirais que c’est à ça qu’on reconnait les journaux militants.

Voilà pour petit commentaire sur la projection.  Lee film est sorti en DVD, avec une illustration et la typo qui fait penser à l’affichiste cinéma Saul Bass. Ok, je me la pète, je ne connaissait pas ce grand graphiste heureusement que je traine avec des gens cultivés. Sur ce, bonne bande-annonce !

La Mort se Mérite – bande-annonce from LES FILMS FURAX on Vimeo.

thousand dots

Des millions de points pour créer la pochette de disque pour le split de Vehemence et Vicious Irene. Nous étions beaucoup appliquées pour sortir le LP, non sans rencontrer les contraintes et difficultés techniques tant sur le plan d’enregistrement, que le design de pochette.

 

Show must go on !

Chaque concert est une expérience unique partagé par l’ensemble des personnes présentes. On ne peut que garder une trace pour souvenir. Cette trace peut être une image, un texte ou un son. Pourquoi pas une affiche.
Une affiche annonce le concert, mais c’est aussi un terrain de jeux pour l’expérimentation graphique. Le collage, l’infographie, les photomontages, le dessin, sans oublier la variété des typos et les logos des groupes parfois illisibles, tout est possible pour créer et refléter la culture musicale. Aujourd’hui un bon nombre d’affiches ne sont pas imprimés et ne sont diffusées que sur les réseaux sociaux à maximum. En contrepoids la sérigraphie artisanale en édition limitée est très appréciée et donne plus de liberté niveau formats, couleurs et la qualité de papier. Bien que la plupart des affiches ne sont pas signés, il existe toute une scène des artistes sérigraphistes et des designers des posters rock, on peut citer les artistes “émergents” comme John Dyer Baizley, Glyn Smyth, Kaska Niemiro et les ateliers de sérigraphie comme Subterranean Prints, Error! Design. Une scène plus évidente aux États-Unis avec des artistes comme Tom Hazelmyer, Tyler Stout et Ron Liberti qui figurent aussi dans le documentaire d’ Eileen Yaghoobian “Died Young, Stayed Pretty” sorti en 2008.
Parfois les visuels des affiches sérigraphiés ne sont pas les mêmes que ceux qui annoncent le concert, on les découvre le jour du concert. Pendant le stage à Percolation, nous avons imprimé les affiches pour le festival Solid’Air qui a eu lieu à Chaligny. Il fallait imprimer le visuel de l’affiche qui rendent les même couleurs que sur l’impression offset.
Prendre des photos de concert, c’est très compliqué. Non pas seulement parce que les réglages de l’appareil photo sont compliquées, mais aussi parce que c’est compliqué de décider que prendre en photo ? Qu’est ce qui pourrait être une bonne image de concert? J’ai souvent tendance de photographier les membres des groupes un par un, et ensuite l’ensemble. J’ai eu souvent envie de faire des photos ala Chris Boarts Larson, avec des gens qui gueulent dans les micros et sautent partout, avec des batteurs qui font des grimasses et des les guitaristes en flou artistique. Hélas ça ne donne que des portraits ennuyeux, presque comme des portraits de classe. Ce ne sont pas des images-souvenirs qu’on ai envie de garder. Un autre artiste américain Dan Witz a crée tout une série des peintures du public dansant. Un circle pit d’un mètre cinquante sur deux mètres cinquante, c’est comme si on y était. C’est impressionnant.

L’influence

Qu’est ce que l’influence ? Quelle forme elle peut prendre ? Comment on peut juger qu’une influence est bonne ? A quel moment on juge qu’elle est malsaine ? Est-ce que sous une influence on peut raisonner par soi-même ? Ou on est englouti par les pensée et la pression extérieur ? Influencer n’est pas ordonner et à la fois l’influence peut être conséquente. Sous une influence on peut retrouver des motivation, ou retrouver une certaine sérénité ou un empêchement. A quel moment la personne influencée n’a plus la capacité de retrouver son libre arbitre et à quel moment il serait condescendant de la traiter comme un ventriloque, et quelque part ne pas accorder de valeur à ses comportements et paroles. L’influence est une forme de pouvoir. La volonté d’être influent se traduit souvent par un comportement envahissant, imposant et intrusif. Même partant des bonnes intentions ces choses peuvent avoir un impact indésirable. Une personne peut amener à se poser des questions, à provoquer une réflexion. Par contre se poser des questions n’est pas obéir. La remise en question est un processus de réflexion, non pas d’un chemin tout fait avec une morale toute faite à adopter.
Nous sommes sous une influence permanente, des gens, de musique, des humeurs, du temps, des situations. Nos comportements et décisions changent, même de peu, en fonction d’une multitude d’influences.

effets

Ce cliché était tiré avec une appareil argentique à Bure en février 2016 lors d’une action symbolique devant le laboratoire de l’Andra. Les opposant.e.s au projet d’enfouissement sont venu.e.s avec des pelles et des pioches pour planter les semis. Sur cette photographie ne dit rien sur le cortège des tracteurs, ni sur le soleil éclatant qui accompagnait les manifestant.e.s. Rien de documentaire. Néanmoins, ce n’est pas parce qu’elle me faisait doucement rire que j’ai gardé ce tirage, ni parce que c’est l’image que j’ai de la lutte antinucléaire.

Le drapeau surdimensionné couvre la moitié du ciel au dessous de la foule agitée brandissant les pioches, les pelles et les poings levés me rappellent les codes des films de Sergueï Eisenstein. Cette scène dans les tons gris et noirs dans une atmosphère brumeuse est inquiétante et romantique comme dans la propagande communiste des années 20, est un parfait support pour aborder les sujet de cadrage et l’esthétique des images militants. La focalisation sur un moment de densité de population donne l’impression que cette densité est identique et étendue sur plusieurs kilomètres, l’aspect oppressive et menaçant de la révolution en marche souligne le dynamisme d’un moment et donne l’impression que ça l’était tout au long. Si je rajoute un élément d’une plate forme pétrolière sur l’image on ne la lira plus comme l’industrie qui accompagne le peuple, mais comme une industrie qui menace et est la cause de la rage de peuple.