effets

stop bure photo

Ce cliché était tiré avec une appareil argentique à Bure en février 2016 lors d’une action symbolique devant le laboratoire de l’Andra. Les opposant.e.s au projet d’enfouissement sont venu.e.s avec des pelles et des pioches pour planter les semis. Sur cette photographie ne dit rien sur le cortège des tracteurs, ni sur le soleil éclatant qui accompagnait les manifestant.e.s. Rien de documentaire. Néanmoins, ce n’est pas parce qu’elle me faisait doucement rire que j’ai gardé ce tirage, ni parce que c’est l’image que j’ai de la lutte antinucléaire.

Le drapeau surdimensionné couvre la moitié du ciel au dessous de la foule agitée brandissant les pioches, les pelles et les poings levés me rappellent les codes des films de Sergueï Eisenstein. Cette scène dans les tons gris et noirs dans une atmosphère brumeuse est inquiétante et romantique comme dans la propagande communiste des années 20, est un parfait support pour aborder les sujet de cadrage et l’esthétique des images militants. La focalisation sur un moment de densité de population donne l’impression que cette densité est identique et étendue sur plusieurs kilomètres, l’aspect oppressive et menaçant de la révolution en marche souligne le dynamisme d’un moment et donne l’impression que ça l’était tout au long. Si je rajoute un élément d’une plate forme pétrolière sur l’image on ne la lira plus comme l’industrie qui accompagne le peuple, mais comme une industrie qui menace et est la cause de la rage de peuple.

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