hypomnémata

Projet expérimentale d’un blog qui assemble des extraits des livres et des articles des différents auteurs. Sans ligne directrice, les extraits ne forment pas un contenu cohérent qui exprimeraient dans leur ensemble une idée. Il s’agit des bouts des écrits qui auraient pu un moment marquer ma mémoire et qui reviennent indirectement dans mes propres écrits et argumentations.

hypomnemata

Where are you from ?

It was a very sunny day. We were three in the car, carsharing to go back home after a music festival. I was listening a boring conversation between the passenger and the conductor about shopping. Few kilometers later, the passenger left us, and unfortunately I found myself in a tête-à-tête with this woman driving and talking about how she spend her money. Of course I had nothing to say to complete her conversation.

I tried to talk about the weather and the festival. She asked me : — “where are you from ?” insisting on my native country. “You’re not from here, are you ?” I felt like this travel slowly transformed in a kind of police interrogation. “I hear you have an accent !” My identity was so important to her, she couldn’t stop interrupting me to know my origins.
— “My father is a half immigrant, from Eastern Europe, but now he have nothing to do with that community. And you ? And are you here with your family ? What are you doing here ?” Instead of answering with sacrasm, I just started to talk about my studies. “Art ? Do you think you will get a real job with art ?” she went on digging my personal story, “are you expecting to stay here ?”, “why you don’t do art in your country ?”, “why did you come in our country ?”, “don’t you want to go back to your country ?”

The end of the travel was like a release. The annoying woman was behind and it was time to drink a beer to switch. In the bar I met some friends and they introduced me to someone. Beer was fresh and I had a lot of stories about the festival. Suddenly I was unterrupted by the new friend: — “You’re not from here ? You have an accent !”

thousand dots

Des millions de points pour créer la pochette de disque pour le split de Vehemence et Vicious Irene. Nous étions beaucoup appliquées pour sortir le LP, non sans rencontrer les contraintes et difficultés techniques tant sur le plan d’enregistrement, que le design de pochette.

 

Show must go on !

Chaque concert est une expérience unique partagé par l’ensemble des personnes présentes. On ne peut que garder une trace pour souvenir. Cette trace peut être une image, un texte ou un son. Pourquoi pas une affiche.
Une affiche annonce le concert, mais c’est aussi un terrain de jeux pour l’expérimentation graphique. Le collage, l’infographie, les photomontages, le dessin, sans oublier la variété des typos et les logos des groupes parfois illisibles, tout est possible pour créer et refléter la culture musicale. Aujourd’hui un bon nombre d’affiches ne sont pas imprimés et ne sont diffusées que sur les réseaux sociaux à maximum. En contrepoids la sérigraphie artisanale en édition limitée est très appréciée et donne plus de liberté niveau formats, couleurs et la qualité de papier. Bien que la plupart des affiches ne sont pas signés, il existe toute une scène des artistes sérigraphistes et des designers des posters rock, on peut citer les artistes “émergents” comme John Dyer Baizley, Glyn Smyth, Kaska Niemiro et les ateliers de sérigraphie comme Subterranean Prints, Error! Design. Une scène plus évidente aux États-Unis avec des artistes comme Tom Hazelmyer, Tyler Stout et Ron Liberti qui figurent aussi dans le documentaire d’ Eileen Yaghoobian “Died Young, Stayed Pretty” sorti en 2008.
Parfois les visuels des affiches sérigraphiés ne sont pas les mêmes que ceux qui annoncent le concert, on les découvre le jour du concert. Pendant le stage à Percolation, nous avons imprimé les affiches pour le festival Solid’Air qui a eu lieu à Chaligny. Il fallait imprimer le visuel de l’affiche qui rendent les même couleurs que sur l’impression offset.
Prendre des photos de concert, c’est très compliqué. Non pas seulement parce que les réglages de l’appareil photo sont compliquées, mais aussi parce que c’est compliqué de décider que prendre en photo ? Qu’est ce qui pourrait être une bonne image de concert? J’ai souvent tendance de photographier les membres des groupes un par un, et ensuite l’ensemble. J’ai eu souvent envie de faire des photos ala Chris Boarts Larson, avec des gens qui gueulent dans les micros et sautent partout, avec des batteurs qui font des grimasses et des les guitaristes en flou artistique. Hélas ça ne donne que des portraits ennuyeux, presque comme des portraits de classe. Ce ne sont pas des images-souvenirs qu’on ai envie de garder. Un autre artiste américain Dan Witz a crée tout une série des peintures du public dansant. Un circle pit d’un mètre cinquante sur deux mètres cinquante, c’est comme si on y était. C’est impressionnant.

L’influence

Qu’est ce que l’influence ? Quelle forme elle peut prendre ? Comment on peut juger qu’une influence est bonne ? A quel moment on juge qu’elle est malsaine ? Est-ce que sous une influence on peut raisonner par soi-même ? Ou on est englouti par les pensée et la pression extérieur ? Influencer n’est pas ordonner et à la fois l’influence peut être conséquente. Sous une influence on peut retrouver des motivation, ou retrouver une certaine sérénité ou un empêchement. A quel moment la personne influencée n’a plus la capacité de retrouver son libre arbitre et à quel moment il serait condescendant de la traiter comme un ventriloque, et quelque part ne pas accorder de valeur à ses comportements et paroles. L’influence est une forme de pouvoir. La volonté d’être influent se traduit souvent par un comportement envahissant, imposant et intrusif. Même partant des bonnes intentions ces choses peuvent avoir un impact indésirable. Une personne peut amener à se poser des questions, à provoquer une réflexion. Par contre se poser des questions n’est pas obéir. La remise en question est un processus de réflexion, non pas d’un chemin tout fait avec une morale toute faite à adopter.
Nous sommes sous une influence permanente, des gens, de musique, des humeurs, du temps, des situations. Nos comportements et décisions changent, même de peu, en fonction d’une multitude d’influences.

effets

Ce cliché était tiré avec une appareil argentique à Bure en février 2016 lors d’une action symbolique devant le laboratoire de l’Andra. Les opposant.e.s au projet d’enfouissement sont venu.e.s avec des pelles et des pioches pour planter les semis. Sur cette photographie ne dit rien sur le cortège des tracteurs, ni sur le soleil éclatant qui accompagnait les manifestant.e.s. Rien de documentaire. Néanmoins, ce n’est pas parce qu’elle me faisait doucement rire que j’ai gardé ce tirage, ni parce que c’est l’image que j’ai de la lutte antinucléaire.

Le drapeau surdimensionné couvre la moitié du ciel au dessous de la foule agitée brandissant les pioches, les pelles et les poings levés me rappellent les codes des films de Sergueï Eisenstein. Cette scène dans les tons gris et noirs dans une atmosphère brumeuse est inquiétante et romantique comme dans la propagande communiste des années 20, est un parfait support pour aborder les sujet de cadrage et l’esthétique des images militants. La focalisation sur un moment de densité de population donne l’impression que cette densité est identique et étendue sur plusieurs kilomètres, l’aspect oppressive et menaçant de la révolution en marche souligne le dynamisme d’un moment et donne l’impression que ça l’était tout au long. Si je rajoute un élément d’une plate forme pétrolière sur l’image on ne la lira plus comme l’industrie qui accompagne le peuple, mais comme une industrie qui menace et est la cause de la rage de peuple.